La situation actuelle de tensions budgétaires, de baisse de dotations et d’augmentations des coûts énergétiques, rend l’action publique des collectivités et les établissements de plus en plus compliqués.
Dans ce contexte, la fonction achat ne plus être considérée comme une simple activité administrative. Elle devient un véritable levier de pilotage de l’action publique.
- L’achat public : un levier économique encore sous-exploité
Le poids des achats dans les budgets publics représente une part très importante des dépenses globales ; des marges d’optimisation importantes existent et sont souvent sous exploitées.
La problématique repose souvent sur la perception juridique de l’achat public, où les réflexions portent souvent sur la réglementation et peu sur l’efficacité et la performance globale.
Pourtant, chaque marché représente un choix économique impactant les finances locales.
Cette recherche de performance et d’efficacité passe par des étapes clés et démarre par une phase d’analyse et d’audit de la situation. Pour disposer d’une cartographie des dépenses et des analyses sectorielles.
La réflexion doit également intégrer les temps de passation par les services et les couts annexes. Notamment par le recensement des opérateurs pour éviter l’infructuosité, la gestion des plateformes d’achat et des mails.
Mieux acheter permet de préserver les capacités d’investissement sans dégrader le service rendu.
- La stratégie achat au service du projet politique de la collectivité
La commande publique ne constitue pas uniquement un acte administratif : elle représente un véritable levier de mise en œuvre des orientations politiques portées par les élus.
Chaque consultation lancée par une collectivité peut contribuer aux objectifs fixés dans son projet de territoire. L’intégration de clauses environnementales, sociales ou encore de critères favorisant l’innovation permet d’utiliser l’achat public comme un outil au service des politiques publiques.
Au-delà de la simple satisfaction d’un besoin, les marchés publics permettent aux collectivités d’agir concrètement sur leur territoire. Les achats deviennent ainsi un vecteur de transformation, en favorisant des prestations plus responsables et cohérentes avec les enjeux locaux.
Une stratégie achat efficace repose également sur une capacité d’arbitrage. Tous les achats n’ont pas le même impact économique ou stratégique. Il est donc essentiel d’identifier les dépenses prioritaires.
La politique achat doit ainsi être pleinement alignée avec le projet de territoire et ne pas fonctionner comme une démarche isolée des orientations politiques de la collectivité.
III. Structurer la fonction achat : une nécessité pour les collectivités
Malgré son importance stratégique, la fonction achat reste encore insuffisamment structurée dans de nombreuses collectivités. Les achats sont parfois gérés de manière dispersée, sans vision globale ni véritable pilotage, ce qui limite les possibilités d’optimisation et de suivi de la performance.
Pour répondre à ces enjeux, les collectivités doivent mettre en place une véritable gouvernance achat. Cela passe notamment par la réalisation d’une cartographie des dépenses, la programmation des marchés à venir, la définition d’objectifs partagés ou encore mise en place d’indicateurs permettant d’évaluer les résultats obtenus.
La performance achat repose également sur la professionnalisation des pratiques. La formation des agents, la coopération entre les services prescripteurs, les finances et la commande publique ainsi que le développement d’une culture achat commune sont essentiels.
Ainsi, l’efficacité des achats publics ne dépend pas uniquement du respect des procédures, mais bien d’une organisation structurée et pilotée.
Conclusion
Face à la contraction des ressources financières, les collectivités doivent considérer l’achat public comme un outil stratégique de pilotage. En associant projet politique, performance économique et structuration de la fonction achat, elles disposent d’un levier puissant pour préserver leurs marges de manœuvre et renforcer l’efficacité de l’action publique.
« Et si la prochaine source d’économies ne résidait pas dans la réduction des services publics, mais dans une meilleure stratégie d’achat ? »




